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Nous
vous invitons à découvrir ce
mois ci le témoignage d'Yves Lesire,
un artisan sellier Francais qui passionné depuis
sa plus tendre enfance par l'ouest Américain,
a choisi de vivre sa passion western au travers
du travail du cuir.
Témoignage
d'un saddle maker "Made in France"
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Interview
réalisé par Laurent LAMOTTE pour Equi-western.com
Source photos: www.ylbrand.com
D’où vient
votre passion pour l’univers des cowboys
et à quand remonte t-elle?
Ma passion pour le monde western et l’univers des cow-boys remonte à mon
enfance. J’ai toujours été fasciné par l’ouest
américain.
Est-ce
le travail du cuir qui vous a amené au «western»,
ou bien la passion de l’ouest Américain
qui vous a fait devenir artisan sellier?
C’est la passion du monde des cow-boys
et celle du cheval qui m’ont conduit à ma
profession actuelle.
Et
pourquoi avoir choisi le travail du cuir?
La
place dans le synthétique était déjà prise
par WINTEC (Joke!). La vérité est que je
suis plus doué pour fabriquer que pour utiliser
mes selles
Vous
avez commencez votre formation et obtenu votre diplôme
de sellier harnacheur en candidat libre au Haras
du Pin. Que conseilleriez vous aux jeunes qui comme
vous, voudraient devenir sellier? Quelle est actuellement
la meilleure formation et particulièrement
pour cette spécialité?
Je
pense que ce qui compte le plus c’est d’ être
sûr de sa passion, et il en faut! Il n’existe
pas à ce jour de formation pour devenir sellier «western» en
France. Il faut une grosse part de motivation et de courage
aux candidats potentiels.
Il
y a très très peu d’artisans
sellier western en France, est ce parce que le
marché est restreint ou bien parce qu’il
y a un manque, au niveau de la formation? Qu’en
est il dans le reste de l’Europe, en Allemagne
ou en Italie en particulier ou l’équitation
western est plus pratiquée que chez nous?
Le peu de selliers western en France
s’explique à mon avis par un marché qui
est resté confidentiel jusqu’à il
y a peu de temps (la tendance s’inverse aujourd’hui)
mais aussi par l’absence totale de formation. J’ai
entendu parler de plusieurs selliers custom en Allemagne,
en revanche je ne crois pas qu’il y en ait en Italie.

Photo:www. ylbrand.com
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Photo:www. ylbrand.com
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Est
il, comme vous l’avez fait, toujours nécessaire
de partir se former chez un sellier Nord Américain?
Il est toujours intéressant, voire
indispensable de chercher à progresser. Les Etats
Unis sont le berceau de la selle Western. Quel autre
endroit pourrait il être plus approprié pour
se former? Toutes les connaissances que j’ai acquises
avant mon départ pour les USA l’ont été de
manière autodidacte et je n’ai passé mon
CAP au Haras du Pin que pour deux raisons: Me permettre
d’exercer en France où le diplôme
compte plus que le savoir ou la compétence et
pour étalonner mon niveau technique par rapport à des
gens ayant suivi une formation.
Vous êtes
parti aux Etats-Unis afin de perfectionner votre
formation chez un sellier du Colorado. Quel est
le meilleur souvenir que vous en gardez?
Je n’arrive pas à retenir un seul mauvais souvenir de mon
séjour chez Fred Harsant hormis peut-être le jour du départ
La selle western, de par le nombre des différents types de modèles,
arçon, sanglages …Reste apparemment assez mal connue des
amateurs d’équitation western Français. Etes vous
de cet avis?
Il est vrai que dans beaucoup (trop)
d’endroits le mot selle western a pour synonyme «Texane» ou «Californienne»,
deux appellations totalement fantaisistes et inappropriées.
Le constat est qu’il y a une énorme carence
de culture en France.
Vous
animez une rubrique dans le magazine Equiwest,
est ce justement pour palier à cette méconnaissance
ou tout simplement faire découvrir l’art
du cuir, façon western ?
La rubrique dans Equiwest est une modeste
contribution au développement de cette culture
au niveau national. De plus quoi de plus gratifiant pour
un passionné que de partager sa passion? J’ai
longtemps rêvé en vain de trouver ce genre
d’articles dans la presse pour mon usage personnel.
Depuis il y a eu ma formation aux USA. Donc si aujourd’hui
je peux combler ce vide pour d’autres, j’en
suis ravi.
Vous êtes
distributeur des produits de Jeremiah watt, un sellier
qui fait référence aux Etats-Unis.Avez-vous
eu la chance de le rencontrer?
J’ai eu l’immense privilège d’accueillir Jeremiah
et sa famille chez moi à l’occasion du premier de ses stages
de repoussage qu’il a animés en Europe en Juillet 2003.
J’ai co-organisé le clinic avec lui et je suis sûr
que les participants ont encore les yeux qui brillent. Je l’ai
revu depuis à plusieurs reprises (la dernière fois c’était
en janvier 2006 à Denver pendant le WESA) et je suis très
fréquemment en contact avec lui par téléphone ou
par e-mail.

Photo:www. ylbrand.com
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Photo:www. ylbrand.com
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Quel
sellier, qu’il soit contemporain ou passé,
admirez vous le plus?
La liste des selliers dont j’apprécie le travail est relativement
longue mais on peut citer en plus de Jeremiah, Chuck Stormes, Don King,
Dale Harwood, Chester Hape, Cary Schwartz, Robert Chavez et Fred Harsant
bien sûr !
Qu’est
ce qui fait que des cavaliers se font fabriquer
une selle sur mesure, le fait d’avoir un
objet unique et qui correspond parfaitement à leur
besoins et leur goûts?
Les gens qui me commandent une selle
sur mesure ne savent pas toujours exactement ce qu’il
veulent, en revanche tous sont sûrs de ce qu’ils
ne veulent plus. Mais il est vrai que de participer à l’élaboration
de l’objet de ses rêves est une part importante
de la motivation.
C’est
l’un des avantages de passer par un sellier sur
mesure. Comment se passe alors le processus? Prise de
mesure du cavalier et du cheval, choix des options,…?
La selle sur mesure c’est l’assurance
de maîtriser (par personne interposée) les
paramètres qu’on ne peut contrôler
lors de l’achat d’une selle de série.
Voilà pour la partie technique, la seule qui ait
une réelle importance. Quant à l’aspect
esthétique, s’il revêt à mon
sens une importance un peu plus relative, il ne doit
pas être négligé pour autant.
Lors
de la prise de commande je définis avec mon
client tout ce qui a trait à l’esthétique
de la selle après l’avoir questionné sur
l’usage auquel il destine son matériel
(rando, roping, reining, travail du bétail)
Ce qui nous amène au choix de l’arçon.
Ensuite vient la prise de mesures du cavalier, mais
aussi du cheval. Je n’utilise pas de photos du
cheval nu car sans référence étalon
elles sont inexploitables. Pour les clients les plus éloignés,
je leur explique comment prendre ces mesures.Le
choix des options est la dernière étape
qui intègre les paramètres de goûts
et de coûts. J’essaie au maximum de mes
possibilités de faire coïncider esthétisme
et budget.
Quel
est le type, de selle qui vous est le plus commandé?
On me commande en général plutôt des selles de travail,
type Buckaroo avec arçon Wade ou plus épaulées genre
Will James. Des selles de «cow-boy».
Combien
de temps en moyenne prend la fabrication d’une
selle western?
Le temps de fabrication peut varier de
80 à 200 heures.

Photo:www. ylbrand.com
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Photo:www. ylbrand.com
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En
tant que professionnel du cuir, que pensez de la
qualité des selles de manufacture que l’on
trouve aujourd’hui sur le marché?
Notamment des produits, de plus en plus nombreux,
en provenance des pays de l’Est ou d’Amérique
du sud?
Je trouve triste, voire scandaleux que
dans un pays où on légifère tant
et où on est si procédurier, on impose
des normes draconiennes pour les protections de tête
ou les gilets de cross (jusqu’au peluches pour
les tout petits) et qu’on n’exerce pas le
plus petit contrôle de qualité de fabrication,
pour tout le reste du matériel :selles, brides,
rênes, sangles. Je préfère expliquer
mes prix plutôt que d’avoir à m’excuser
pour la qualité de mes fabrications, je tiens à être
en paix avec ma conscience.
Vous
offrez la possibilité, à ceux qui
le souhaitent, d'une gamme de stages afin de découvrir
le travail du cuir. Comment se déroulent
ces stages?
Les stages se déroulent un peu
en fonction des désirs, des besoins et de la disponibilité de
chacun. Une constante, on vient fabriquer un objet qu’on
emporte. Leur durée et leur prix varient selon
le choix de l’objet en question.
Quels
sont les intéressés? Des cavaliers
western, des passionnés de l’ouest
Américain ou bien d’autres professionnels
du cuir qui souhaiteraient se spécialiser
dans le western?
Très peu sont des professionnels. J’ai cependant accueilli
récemment le sellier de l’Ecole Nationale de Cavalerie de
Saumur qui fabrique des selles anglaises et y intègre du repoussage.
Mais la plupart sont des amateurs de western.
Vous êtes
cavalier, avez-vous une discipline de prédilection?
Ce qui m’attire le plus dans l’Equitation Western c’est
le travail du bétail. Je suis d’ailleurs fermement persuadé que
l’avenir de l’Equitation Western en France c’est le
bétail. Il n’y à qu’à voir l’engouement
que génèrent outre Atlantique les épreuves de versatile
ranch horse pour s’en convaincre.
Personnellement,
Quel type de selle utilisez vous? Ce
doit être plaisant et gratifiant d’utiliser
le matériel que l’on a soi même
fabriqué?
Mes goûts me portent vers les selles Buckaroo
avec arçon Wade (fabriqué à la main par
Jeremiah Watt par exemple et réalisé en cuir Hermann
Oak). Il est effectivement très agréable d’utiliser
du matériel qu’on a soi même fabriqué mais
le plus gratifiant pour moi est lorsque j’ai le privilège
de pourvoir combler les attentes d’un cavalier et de contribuer
au confort de son cheval: La selle est le lien entre cavalier
et monture et si l’un des deux éprouve de l’inconfort
la sérénité disparaît et le travail
devient pénible voire impossible pour les deux.
Vous
avez aussi édité un DVD sur les techniques
de repoussage western, Vous êtes le premier à avoir
pris cette initiative en France. Avez-vous d’autres
projets de ce type dont vous aimeriez faire part à nos
lecteurs?
Le DVD est la forme la plus aboutie du
concept abordée dans les articles sur le repoussage.
L’objectif est de rendre accessibles aux personnes
intéressées les informations dont j’ai
longtemps été frustré et que j’ai
dû, pour mon plus grand bonheur, aller chercher à la
source. J’espère pouvoir continuer dans
cette voie et dans cette optique je commence à plancher
sur le volume 2 des techniques du repoussage. En attendant
pourquoi pas un ouvrage sur la réalisation de
la selle?
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Nous
tenons à remercier Yves LESIRE d'avoir
répondu à nos questions.
Si vous souhaitez en savoir plus sur son travail, nous vous invitons à consulter
son site à l'adresse suivante :
www.ylbrand.com
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