photo: agenceduvoyageacheval.com
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Cela
fait maintenant 25 ans que Rémy Pagnard
organise des voyages équestres dans l'ouest
Américain mais aussi au Mexique et en
Argentine. A l'origine passionné par les
chevaux, les hasards de la vie l'amèneront
au tourisme grâce auquel il découvrira
l'ouest Américain, et c'est donc tout
naturellement qu'il liera ces deux passions.
Nous vous invitons avec lui à découvrir le secteur
du tourisme équestre, un domaine qui au cours de ces dernières
années a connu une évolution considérable.
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Comment
avez-vous découvert l’équitation
et la culture western ? Parlez-nous de votre passion
western.
Un peu comme tout le monde ma première approche de la culture
western s'est faite par le biais du cinéma, des vieux westerns,
des bandes dessinées comme Blueberry ou Lucky Luke. J'ai eu par
ailleurs l'occasion d'être au contact des chevaux dès mon
plus jeune âge. Dès lors l'association des deux n'était
plus qu'une question de temps.
Pourquoi,
au travers de l’organisation de voyages,
avoir choisi d’en faire votre métier
? Partager cette passion ?
Les hasards de la vie m'ont amené dans le travail du tourisme.
Je me suis retrouvé aux Etats-Unis à organiser et accompagner
des groupes dans l'ouest américain. Il m'a semblé logique
de me recentrer sur le cheval, ces circuits ayant au départ une
vocation sportive. Ceci m'a permis de rencontrer, côtoyer, apprendre à connaître
la vie d'un cowboy américain, et à partir de là de
vouloir partager cette découverte.
Vous
bénéficiez d’une expérience
de 25 ans dans l’organisation des voyages équestres,
quelles ont été les évolutions
majeures dans ce domaine particulier au cours de
toutes ces années ? En tant que cavaliers,
les clients d’aujourd’hui sont-ils
très différents de ceux de vos débuts
?
L'une des grandes évolutions que l'on a pu voir ces dernières
années est le nombre croissant d'agences qui proposent du voyage à cheval,
même les agences spécialisées en randonnée
pédestre veulent s'engager dans le créneau. Seulement très
peu d'entre elles savent organiser ou proposer des séjours authentiques.
La plupart des voyagistes sont des agences qui se contentent d'acheter
et revendre les mêmes circuits dans différents pays du monde.
Les clients quant à eux n'ont pas vraiment changé, ils
ont simplement plus d'offres et donc plus de difficultés à faire
le bon choix.
Vous
venez, avec Guy de Galard et Antoine Cloux, de
vous regrouper sous la même bannière « agence
du voyage à cheval.com », pourquoi
ce choix?
Avec Guy et Antoine nous avons la même conception du voyage à cheval
: La recherche de l'authentique, le partage de la culture cowboy. En
nous regroupant sous une même bannière nous pouvons proposer
une gamme plus complète de voyages avec toutes les garanties légales
qu'offre une agence de voyage. Nous créons, organisons et accompagnons
nous-mêmes nos séjours. Notre but est de proposer des séjours
parfaitement authentiques au vrai sens du terme. Ces séjours sont
nos bébés : il nous a fallu des années avant de
pouvoir les proposer, vous ne pourrez jamais retrouver nos séjours
chez un autre voyagiste. Ce sont tous des exclusivités, la difficulté étant
de parvenir à exprimer cette différence. Nombre d'agences
proposent des voyages à cheval, mais il ne s'agit pas du même
type de produit, chacun a sa spécialité, le circuit touristique
ou le partage réel du quotidien de la vie d'un ranch. Si nous
vous proposons un cattle drive, par exemple, celui-ci se fera avec ou
sans vous, il est nécessaire à la vie du ranch.
photo: agenceduvoyageacheval.com
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Comment
se passent typiquement les séjours que vous
proposez? Vous accompagnez personnellement, vous
travaillez avec des guides sur place ?
Comme nous l’avons dit précédemment, nous accompagnons
systématiquement tous nos séjours. Selon les destinations,
Guy, Antoine ou moi-même accueillons les clients sur place à leur
arrivée, le plus souvent dès la descente de l'avion. Nous
sommes des accompagnateurs assurant l'encadrement et le lien linguistique
avec les locaux. Sur place, nos amis, propriétaires de l'exploitation,
nous servent de guides sur leurs terres et nous font partager leur quotidien,
en utilisant leurs chevaux et leurs techniques. Eux seuls sont vraiment
en mesure de nous faire découvrir et partager cette vie. Ce sont
eux qui décident du programme de la journée en fonction
des besoins du ranch ou des conditions climatiques.
Que
recherchent les clients potentiels qui viennent
vers vous ?
Cela va dépendre des clients. Certains sont des habitués
de la randonnée équestre qui veulent simplement découvrir
un autre pays, d'autres veulent vivre un rêve d'enfant à la
recherche de grands espaces, d'autres encore sont attirés par
les cowboys et les indiens. Mais au bout du compte, sur un même
séjour chacun va trouver ce qu'il venait chercher tant les paysages
et les expériences sont nombreux et variés.
Quels
sont les états de l’ouest qui ont
le plus de succès ?
Les Etats-Unis sont très grands ! Nous avons choisi les états
qui à nos yeux étaient les plus représentatifs de
l'ouest et des cultures cowboy, buckaroo ou vaquero et qui offraient
la plus grande variété de décors. Nous sommes très
attachés à la beauté des lieux, nous souhaitons
que chaque jour chaque cavalier découvre de nouveaux points de
vue.
Et
les activités ? Les cattle drive, les randonnées,
autres ?
Nous offrons différents types de séjours. Nous voulons
pouvoir satisfaire toutes les demandes les plus éclectiques. Ainsi,
nous avons les cattle drive pour les passionnés du travail de
bétail, les séjours en ranch avec des randonnées
en étoile, pour partager la vie du ranch et un niveau de confort
un peu plus élevé, des randonnées en itinérance
afin de découvrir les paysages, la faune et la flore d'une région,
et également des séjours éthologiques pour ceux
qui souhaitent ajouter une dimension supplémentaire à leurs
vacances.
photo: agenceduvoyageacheval.com
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Vos
clients sont-ils avant tout intéressés
par la découverte du véritable travail
de cowboy et la culture western ou bien plus attirés
par les extraordinaires paysages de l’Ouest
?
Encore une fois tout dépend des clients. Quelles que soient ses
attentes, chacun va y trouver son compte, que ce soit au niveau de la
culture d'un pays ou d'une région, des paysages, des chevaux,
des rencontres, nous essayons d'offrir toujours le maximum pour que chacun
reparte satisfait de son séjour.
Qu’est ce qui surprend
le plus les clients lors de leur première expérience
au pays des cowboys ?
Incontestablement les espaces et la liberté. Nous choisissons
nos destinations pour les étendues qu'elles offrent. Ensuite nous
essayons d'offrir le maximum de latitude à nos cavaliers, c'est
là l'un de nos critères de différenciation par rapport à d'autres
agences, chez nous la balade en file indienne, chacun à sa place,
n'a pas court. Cela n'empêche bien évidemment pas de respecter
les règles élémentaires de sécurité à cheval.
Quels
sont les souvenirs qu’ils en ramènent
?
Avant tout ces sensations qu'on ne trouve que dans ces pays là :
les espaces infinis et la liberté à cheval. Nombre de clients
partent faire d'autres séjours ailleurs et reviennent car ils
ne retrouvent pas ailleurs cette liberté.
Que
pourriez-vous conseiller à ceux qui souhaiteraient
partir pour un tel séjour ? Notamment au
niveau au niveau de leur préparation, en
tant que cavalier, il faut, je suppose un minimum
d’expérience?
Avant tout d'avoir l'esprit ouvert, pas d’idées préconçues
et d'images toutes faites, vues dans les films ou les livres. Même
si ces images les ont fait rêver et amenés à vouloir
faire ce type de séjour, il faut avoir conscience que l'on va être
dans la réalité. Il faudra se montrer respectueux des gens
qui nous accueillent même si parfois certaines choses peuvent nous
surprendre. Nous voulons presque nous immiscer dans leur intimité,
pour ce faire il faut savoir se fondre dans le décor et donc en
accepter cette règle élémentaire de base.
Pour ce qui est du niveau équestre, la maîtrise des trois
allures est généralement suffisante, sauf dans certains
cas où un niveau plus élevé est recommandé,
mais cela est précisé au niveau de chaque fiche technique.
Paradoxalement, les convoyages sont souvent les séjours les plus
faciles pour tout le monde. Le rythme de progression est naturellement
lent puisque celui des vaches. Chacun à son niveau va pouvoir
se faire plaisir en suivant tranquillement le troupeau ou pour les plus
aguerris en allant rattraper du bétail égaré.
photo: agenceduvoyageacheval.com
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Les
paysages sont superbes et l’authenticité au
rendez-vous, néanmoins, arrive-t-il que
certains soient déçus ? Tout simplement
parce qu’ils se faisaient une autre idée
de ce qu’est la vie dans un ranch ou le travail
de cowboy ?
Oui, cela arrive parfois. Certains viennent avec idées toutes
faites en ayant vu des films ou lu des livres, ils peuvent dans ce cas
rester bloqués avec ces idées qui ne correspondent pas
forcément à la réalité. Le cowboy est avant
tout un être humain, s'il peut rentrer prendre une douche et dormir
dans son lit il ne va pas bivouaquer pour bivouaquer. De même tous
les cowboys ne jouent pas de la guitare ou de l'harmonica, et de nos
jours tout le monde à un portable (même si bien sûr
il ne passe pas partout, mais là c'est une autre histoire). Bien
souvent l'idée que certains ont des cowboys est celle d'Hollywood,
avec ses inévitables dérives cinématographiques.
Les
clichés ont-ils la vie dure ?
Oui, par la force des choses. Tant qu'on n'a pas vu la réalité des
choses en face, les gens sont fortement imprégnés de l'imagerie
collective. Dans le même temps rien n’est totalement faux,
il se peut selon les conditions du moment que nous vivions des expériences
qui correspondent exactement à ces clichés. La vie moderne
du cowboy est une évolution des techniques ancestrales grâce
aux apports de la vie moderne, comme dans toute autre profession.
D’un
autre côté, quel est le regard des
cowboys sur nous autres qui tentons désespérément
de les imiter ?
Le cowboy va avoir la même réaction que le fermier chez
nous quand il voit arriver des citadins dans sa bergerie. Il aura un
sourire goguenard au départ, mais si les gens sont sympathiques,
ouverts, respectueux, qu'ils montrent une réelle volonté d’apprendre,
de comprendre alors ils seront accueillis avec plaisir et le partage
pourra se faire.
A
votre avis, les Français et les Européens
en général, ont-ils une idée
juste de ce qu’est le travail du véritable
cowboy et plus généralement de la
culture western ?
Tout ce qu'on a pu voir au cinéma est vrai, a été vécu.
On le voit, on le vit ; chaque geste est réel ou a une histoire,
tout comme la tenue du cowboy, mais cela ne veut pas dire que c'est le
quotidien. Le cowboy est un homme avant tout, il ne vit pas comme cela
365 jours par an. Il fait ses courses dans un supermarché et regarde
le foot à la télé. Ce sont des fermiers comme chez
nous, qui vivent sur et de leur exploitation, avec leurs animaux. Le
cowboy lui travaille à cheval car le terrain ne lui permet pas
d'utiliser un camion ou un tracteur.

photo: agenceduvoyageacheval.com
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Quel
est votre regard sur l’équitation
et le mouvement western en général
tel qu’il se pratique actuellement en France
et en Europe ? Les cavaliers Européens ne
focalisent-ils pas trop sur les disciplines de
compétition au détriment de l’équitation
de travail ?
Au départ l'équitation western en France n'était
pas fédérée, encadrée. Généralement
il s'agissait de personnes déçues du classique qui voulaient
davantage de liberté et randonner de manière plus confortable.
Beaucoup avaient quitté cette équitation classique car
ils étaient fatigués d'être enfermés dans
des manèges et carrières, dans une équitation académique
destinée généralement au concours. Mais en se développant,
en adaptant des cadres et normes, l'équitation western a recréé ce
même schéma. Acquérir de la technique western, travailler à la
préparation de concours est très bien car cela fait évoluer
la technique, mais ce n'est pas forcément ce que cherchaient les
cavaliers de la première heure. Il restera toujours des « cavaliers
d’extérieur » et des « compétiteurs »,
mais mon rêve serait de voir ces 2 mondes non cloisonnés
; il y a du plaisir dans tous les types de monte, il va de soi que cette
idée devrait s’appliquer d’une manière très
large à toutes les disciplines équestres.
Y
aurait-il des choses à changer, si oui, à votre
avis lesquelles ?
Non, il ne faut pas vouloir tout changer. Il faut laisser de la place
pour tout le monde afin que chacun trouve son bonheur et son secteur
de prédilection. Le danger vient de ce que beaucoup croient que
l'équitation western passe maintenant obligatoirement par les
disciplines reconnues. Or cela a parfois un effet répulsif, beaucoup
n'aiment pas ce côté "m'as-tu vu", clinquant du
concours et du monde académique. Il faut qu'ils sachent qu'ils
peuvent continuer à évoluer en extérieur et en liberté sans
forcément travailler le jog dans un manège.
Vous
organisez aussi des départs vers l’Argentine
afin de partager la vie des Gauchos. Une autre équitation
de travail que l’on découvre tout
juste. Quelles sont les différences majeures
avec les séjours nord et sud Américains
?
Nous avons également des séjours avec les charros au Mexique.
Buckaroos, vaqueros, cowboys, gauchos, charros, tous ces termes désignent
des hommes qui travaillent à cheval, dans un même but :
leur bétail (que celui-ci soit composé de vaches, moutons,
chèvres, chevaux…) Les techniques sont différentes,
le matériel est différent, les chevaux sont différents,
la manière de travailler n'est pas la même et c'est toujours
un grand plaisir que de découvrir toutes ces cultures et passer
d'un endroit à un autre.
Pour
parler plus généralement du tourisme
vers l’Ouest Américain, la confusion
entre working ranch, dude et guest ranch est souvent
présente dans l’esprit des gens, pourriez-vous
nous en expliquer les différences majeures
?
D'une façon simpliste, à partir du moment où il
y a quelque chose avant le mot "ranch" ça n'est plus
un vrai ranch. Tous les termes de dude, guest sont des mots qui transforment
le ranch en site d'accueil. Ce sont des professionnels du tourisme qui
accueillent des visiteurs, semaine après semaine, mois après
mois. C'est exactement le type de lieu que nous cherchons à éviter à tout
prix afin de pouvoir offrir de l'authenticité. Nos séjours
se font dans des ranchs, tout court, qu'ils se nomment estancia en Argentine
ou hacienda au Mexique Ce sont des fermes tout simplement où une
famille travaille pour gagner sa vie et, parce que nous connaissant de
longue date, accepte de nous recevoir une ou deux fois par an.
Nombreux
sont des lecteurs qui nous envoient des e-mails
en nous demandant comment partir travailler dans
un ranch Américain. Nous sommes toujours,
sans être décourageants, réalistes,
en disant que c’est quelque chose d’extrêmement
difficile à concrétiser, et ce pour
bon nombre de raisons notamment techniques et administratives.
Qu’en pensez vous ?
C'est effectivement une question que l'on me pose souvent sur les salons.
Il faut être réaliste c'est un beau rêve, mais ça
ne peut être que cela.
Les ranchs sont des exploitations familiales. Chaque membre de la famille
participe au travail et quand il faut des mains supplémentaires
on fait appel au voisin, qui fera lui-même appel à vous
quand il en aura besoin. Pourquoi dans ces conditions faire venir un
français, qui parle mal la langue, ne connaît pas le terrain,
les techniques locales, a tout à apprendre, même gratuitement
? De plus se pose le problème de l'immigration très contrôlée.
Il est impossible de travailler sans permis et excessivement difficile
d'obtenir un permis. Un fermier ne va pas courir le risque de tomber
dans l'illégalité pour embaucher un jeune étranger.
Imaginez un américain qui voudrait travailler dans une ferme du
limousin. Quel fermier accepterait ? Quelques privilégiés
y parviendront par le biais d'une connaissance, mais c'est une très
infime part de tout ce que les gens peuvent rêver.
Y
aurait il un message que vous souhaiteriez faire
passer à nos lecteurs ?
Il existe sur le marché deux types de séjours bien différents
: le séjour classique, carré, avec un confort maximum.
Beaucoup d'agences font ça très bien.
Nous avons choisi de privilégier l'authentique, le véridique,
avec moins de dates, moins de destinations, mais dans des conditions
uniques.
Internet est un outil fabuleux et l'on trouve pléthore de propositions.
Il faut faire très attention, car on y trouve quantité de
choses et de gens, certains pas forcément légaux. Il ne
faut pas aller n'importe où, n'importe comment, se méfier
des pseudo professionnels sans existence légale, ni en France
ni aux US. Il ne suffit pas d'un lien commercial sur le net, n'importe
qui peut apparaître en première ligne sur le net en payant
et là il y a un réel danger. Une certification d'agence
de voyage est déjà un gage de crédibilité.
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