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LES ARCHIVES INTERVIEW

Nous vous invitons à découvrir ce mois ci l'interview de Michèle Pfender, présidente de l'association Française du Quarter horse, qui nous parlera bien évidement de l'AFQH mais surtout du rôle et des objectifs de cette association pour la promotion de la race sur notre territoire.

Interview réalisée par Laurent LAMOTTE pour Equi-western.com

Tout d’abord, comment et/ou à quelle occasion avez-vous découvert le quarter horse?
Ma première rencontre avec des Quarter Horses date des années 1985-86 lors de stages encadrés par Pierre Ouellet et Guylaine Duchesne (actuellement entraineurs en Italie) à Rupt sur Othain en Meuse. Des chevaux de promenade, de cutting , reining western pleasure, juments et étalons cohabitaient en toute sérénité.

Qu’est ce qui vous a tout de suite attirée chez ce cheval ?
J’ai été conquise par leur réceptivité, leur "éducabilité".

Vous avez assisté et participé au développement de cette race dans notre hexagone. Quelles sont aujourd’hui les différences majeures par rapport au tous début du quarter en France ?
A l’époque, excepté pour ceux importés par des hommes de chevaux, nombre des Quarter Horses qui vivaient en France présentaient des problèmes physiques, des défauts d’aplomb, quand ce n’était pas une usure prématurée. La différence de prix entre les bons chevaux et les autres était peu significative. Peu de Quarter en France étaient proposés à la vente alors que la demande, boostée par les opérations de communication orchestrée par les fondateurs de l’AFQH , augmentait très rapidement.
L’importation était presque toujours la règle, parfois à partir des pays limitrophes.
La situation a considérablement évoluée. Nous disposons actuellement en France d’une production de qualité, d’un large éventail de types de Quarter Horses, des chevaux de loisir , aux chevaux de compétition, cutting, western Pleasure, Hunter under Saddle et reining pour les principaux.

Quand et par qui a été créé l’AFQH ?
L’AFQH a été créée en 1981 par Michel et Claudine BLANDUMONT. Elle a été ensuite reconnue par l’AQHA mais cet agrément a été supprimé sous la précédente présidence pendant trois ans et a repris grâce aux démarches de Marie Paule VANRUYSSELBERG.

Comment fonctionne l’AFQH ? Ses obligations notamment envers l’AQHA ?
L’AFQH fonctionne de façon tout à fait indépendante de l’AQHA. Les administrateurs de l’AFQH dépendent du vote des membres de l’Association Nationale. L’AFQH doit remplir certains engagements en terme d’information, de soutien, de relais entre les propriétaires français de QH et l’AQHA.

Quelle est la vocation de l'AFQH?
L’AFQH est l’outil du développement du QH en France. Son but exclusif est la promotion de la race sous toutes ses formes : Aide à l’élevage, assistance des propriétaires dans leurs démarches vis-à-vis des USA et des Haras nationaux, promotion

Quel est son rôle?
L’Association nationale est la représentante exclusive de l’AQHA qui la soutient financièrement de façon très contrôlée suivant le nombre de QH vivant sur le sol national.
Le rôle de chaque association nationale est d’être le relais entre l’AQHA et son pays. Les situations sont extrêmement variées de par le monde et le souci du bureau de l’AQHA est l’adaptation de sa démarche de développement à la spécificité de chaque pays. Cette adaptation ne concerne pas la rigueur d’application des règles d’octroi des documents des chevaux, ni le respect des règles des concours. Dans ce domaine, L’AQHA se montre au moins aussi rigoureuse que le SIRE. Cet attachement au respect du règlement pour les documents des chevaux froisse parfois les français qui ont tendance à demander que les règlements s’adaptent à leurs doléances. Cette rigueur, garante de la pureté de la race QH, de la justice dans les concours et du traitement "humain" du cheval est difficile à faire passer avec la barrière de la langue qui rend encore plus hermétique les documents. C’est pourquoi les formulaires sont en cours de traduction par Deborah Boivert et Françoise Lecrocq . Ils sont mis en ligne sur le site www.afqh.org au fur et à mesure de leur traduction et seront édités dans un fascicule à l’automne.

Quels sont les objectifs que cette association s’est fixée ? Quels sont vos chantiers à court terme, puis ceux qui nécessiteront plus de temps ?
L’objectif à court terme de l’AFQH est la reconnaissance de l’association par le ministère de l’agriculture afin d’être en mesure de jouer pleinement son rôle en terme de régularisation des documents et de soutien aux propriétaires de QH tant auprès des haras français que de l’AQHA.
Les divers programmes sont en cours de développement :
-Fonctionnement administratif et diffusion des informations : Le site www.afqh.org géré par Yves JOUCHOUX est abondamment visité. Nous espérons résoudre rapidement les problèmes techniques qui augmentent les délais de propagation des informations par internet. Nous avons à nous équiper car les matériels récupérés des anciens bureaux sont largement obsolètes.
-Il faut créer et entretenir les liens avec les autres pays, les diverses associations de race et de discipline. Nous participons aux travaux de la Fédération Européenne du QH qui organise les Championnats d’Europe. La fédération du cheval américain a vu le jour avec les chevaux Paints et Appaloosas. Nous étudions une mise en valeur de la participation des Quarter Horses dans les diverses disciplines.
- La Coupe d’Europe des Amateurs aura elle lieu à Prague en juillet 2008 avec l’appui de la FEQHA (Fédération européenne du QH). Nous souhaitons dès maintenant motiver les amateurs français pour faire le voyage.
- Le programme de développement du Quarter de loisir dépend pour l’instant des informations que nous attendons des éleveurs. Nous souhaitons rapidement éditer une liste des élevages spécialisés et des lignées.

L’AFQH espère voir le développement du nombre des concours AQHA et du nombre de participation dans ces concours afin que les propriétaires français puissent apprécier l’utilité de ces programmes pour la mise en valeur de leurs chevaux. Pour ce faire, il est indispensable d’agir à deux niveaux : Faciliter l’organisation des concours en apportant une aide logistique au niveau du secrétariat et baisser considérablement leur coût.

L’AFQH n’a pas pour vocation d’organiser des concours, sauf le Championnat de France et le Futurity mais de favoriser une dynamique pour les multiplier. Les règles de l’AQHA étant très rigoureuses et complexes, une phase de transition est nécessaire pendant laquelle le bureau prend en charge la gestion des concours de Lamotte Beuvron et Equitalyon en partenariat avec les deux autres associations de race de chevaux américains, paints et appaloosas. .
Ceci s’ajoute aux deux concours auxquels je collabore en tant que secrétaire de l’EWA, Mourmelon le Grand et Nancy Ludres. Ceci représente une masse de travail impossible à assurer tous les ans. L’AFQH a à développer un partenariat avec des organisateurs de concours au travers d’une aide logistique et la prise en charge financière des flots pour les concours AQHA.
(Nous recherchons d'ailleurs une personne qui prendrait en charge les secrétariats de concours).

Dixit le site de l’AFQH, la France se place au quatrième rang mondial quand au nombre de chevaux, ce qui représente combien de spécimens sur le territoire ?
Le cheptel français en 2006 était de 5719 chevaux recensés pour 2694 propriétaires.

Le quarter horse est une race qui séduit beaucoup mais souffre d’à priori du genre "Cheval à la mode", encore trop cher, croisement des lignées (par certains éleveurs Français) parfois hasardeux. Que pourriez vous dire par rapport à tous cela?
Un Quarter Horse n’est pas un cheval ordinaire. Son tarif est celui de la qualité, de la sécurité qu’il offre pour peu qu’il ait également bénéficié d’une éducation adéquate. Il peut aller de 3 000 à 15 000 € pour un cheval de 3 ans selon les origines et son dressage. L’augmentation du nombre de QH dans notre pays entraîne l’accession à un rapport qualité-prix qui correspond à la réalité des aptitudes des chevaux et non plus à leur rareté. Mais la recherche compréhensible d’un prix à la baisse par les acheteurs trouve sa limite dans la qualité intrinsèque de cette race.

Que pourriez vous dire, à part que le quarter horse est une race extraordinaire, à ceux qui souhaiteraient se lancer dans l’achat d’un tel cheval mais qui sont encore hésitants ?
Une question majeure qu’il faut se poser avant d’acheter un Quarter Horse est son utilisation:
Si l’on imagine plus négliger la sécurité à cheval, il est des domaines comme l’équitation de loisir où ce critère est l’atout primordial du QH. Si l’on a choisit une discipline précise, s’informer des élevages spécialisés est une première démarche qui évite perte de temps.

Si un cavalier souhaite acquérir un quarter, quel conseil lui donneriez vous ?
L’acheteur doit se faire accompagner, s’il est néophyte, par un homme de cheval capable d’apprécier la qualité morphologique et sanitaire de l'animal.

Il serait exagéré de dire que tous les QH sont sans exception des chevaux parfaits. Comment fait on la différence entre un bon et un mauvais quarter horse ?
Le point le plus déstabilisant pour les cavaliers d’origine dite "classique" réside dans le jugement des déplacements.
Nous sommes habitués en France à rechercher une grande amplitude de déplacement et une certaine capacité d’élévation de la foulée. Or la foulée du QH doit être rasante, sans toutefois aller jusqu’à rechercher un cheval qui « traîne les pieds ». C’est un facteur important de confort et de maniabilité, qualités recherchées par tous les cavaliers de loisir.
Les chevaux de compétition peuvent être totalement différents suivant leur discipline tant en terme de motricité que de tempérament.

Pour continuer sur l’élevage Français, n’y a-t-il pas eu trop d’abus de la part d’éleveurs peu scrupuleux qui ont surfé sur cette vague du "Quarter à la mode" ? Des croisements plus qu'hasardeux aussi?
Effectivement, les croisements fantaisistes entre les diverses lignées de type différent ont tendance à nuire à l’amélioration de la qualité même si des exemples contredisent parfois cet avis. D’une manière générale, les qualités intrinsèques d’une lignée de Hunter (amplitude de la foulée, grands chevaux près du sang) se contredisent avec des lignées de cutting (petits chevaux puissants et conformés pour les déplacements latéraux rapides).

Y a-t-il un système particulier de cotation de ces chevaux de compétition, comme l’indice par exemple en France ?
En terme d’évaluation de la qualité, un système de cotation existe au sein de l’AQHA. Les chevaux de compétition gagnent des points suivant leur classement en concours. Ce système fait référence. Il gagnerait à être plus connu en France. Le système de l’ "Incentive Fund" est également bien développé. Ce sont des primes à l’élevage suivant les classements des chevaux en compétition. Il est nécessaire que les naisseurs y inscrivent leurs poulains lors de la déclaration à l’AQHA. C’est un signe de la qualité de leur élevage puisque sont inscrits les chevaux présentant suffisamment de qualité pour briller en compétition. Ces deux modes de mise en valeur des QH sont encore peu connus et investis en France.
Au sein de l’AQHA, les chevaux de loisir bénéficient d’un autre programme appelé "Ride Programme", basé sur le nombre de kilomètres effectués en promenade ou randonnée avec un QH. Des cadeaux très importants sont distribués en fin d’année

Pourriez vous nous parler du programme « Youth » et de ses objectifs ?
Le programme YOUTH est lancé, encadré par Babeth Ballestra et Yves Jouchoux. Une équipe de 5 jeunes va participer à la "YOUTH CUP" au Danemark du 20 au 22 juillet. Ce programme va se poursuivre avec des regroupements périodiques pour construire une dynamique sur le long terme.
L’AFQH bénéficie de l’accueil de Nathalie Len du Petit Caprin et de Michel et Martine Pourras de l’Holydayranch pour les regroupements des jeunes

Comment l’AFQH compte elle travailler (Ou travaille t-elle déjà) avec les éleveurs Français de Quarter horses ?
L’AFQH diffuse les informations données par les éleveurs aux personnes qui demandent des renseignements. Le programme d’élevage est édité. Les futurities auront lieu les 15 et 16 septembre à Reims pendant le Championnat de France. L’organisation est opérationnelle. Aux éleveurs de l’utiliser.

Le quarter horse est intimement lié à l’équitation western et ses nombreuses disciplines. Mais l’avenir du quarter horse en France passe t-il forcément par l’équitation western ? On sait qu’il peut briller dans d’autres disciplines, où et comment se situe le rôle de l’AFQH sur ce point ?
Il est vrai que si l’image du QH accompagne naturellement l’Equitation Western, certaines lignées, comme les chevaux de Hunter, s’en détachent.
L’AFQH compte préparer des informations qui tiennent compte de ces diverses lignées afin de guider les futurs acheteurs vers les élevages qui correspondent à leur besoin. L’efficacité de cette information dépend de l’implication des vendeurs de QH qui ont à nous transmettre un maximum d’informations

Nous tenons à remercier Michèle PFENDER d'avoir répondu à nos questions. Si vous désirez en savoir plus sur l'AFQH, nous vous invitons a visiter leur site à l'adresse suivante: www.afqh.org

 

 

 

  
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