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LES ARCHIVES INTERVIEW

C'est en visitant le salon du cheval de Paris en 1998 que Virginie et Michel SUZANNE tombent sous le charme de l'équitation western et des chevaux de couleur. Un an plus tard ils acquièrent leur premier étalon Appaloosa fondation, c'était décidé, ils élèveraient des chevaux de couleur, MVS indian's horses était né. Puis en 2003, c'est avec l'arrivée d'un nouvel étalon, de race paint cette fois que l'aventure continue. C'est avec une selection génétique rigoureuse que cet élevage s'applique à produire des chevaux physiquement et mentalement harmonieux tout en respectant les origines et modèles.


Vous avez decouvert l'équitation western en 1998, qu'est ce qui vous à fait craquer pour celle ci ? L'équitation elle même ou bien les chevaux utilisés?
La 1er image que j'ai eu des chevaux Américains, ce fût 2 quarters horses lors du salon de Paris 98. Ils étaient au milieu de la foule, devant le carrière à attendre leur tour de rentrer. Imperturbables, calmes...J'étais en admiration. Avec mon mari, nous nous sommes approchés de la carrière western et nous sommes rester des heures à regarder les démonstrations. Là il m'a dit: "Si tu veux me faire monter à cheval, ce sera ça et rien d'autres".

Vous qui avez longtemps pratiqué l'équitation classique, à votre avis qu'est ce qui fait que l'équitation western rencontre un tel succès? La multitude de ses disciplines, elle reveille le cowboy qui est en chacun de nous?
Je pense que les gens recherchent plus d'osmose avec le cheval et non plus monter avec contrainte. Les rênes tendues, le dos droit, le menton haut... A mon avis, c'est révolu. Maintenant les cavaliers vont plus vers une recherche du plaisir, rênes longues, attitude decontractée, sensation de liberté.

D'après votre expérience personnelle, la mentalité et les objectifs des cavaliers qui pratiquent l'équiation western sont ils différents de ceux qui pratiquent l'équitation classique?
Non, car dans un cas comme dans l'autre, un cavalier de concours recherche la performance et le cheval avec lequel il pourra avoir les meilleurs résultats. Et un cavalier de loisirs, cherchera à se faire plaisir.

Pouquoi avoir choisi les Appaloosas et Paint, une question de couleur?
L'Appaloosa par un énorme coup de coeur lors de notre rencontre avec TOBYS WAKAN TANKA qui est maintenant notre étalon fétiche. Le Paint pour la magie des couleurs et le côté "avoir un cheval unique"

Comment selectionnez vous vos étalons, les papiers, le modèle, le palmarès, le mental?
Nos étalons Appaloosa furent achetés adultes, là nous avons selectionné le modèle irréprochable, et un mental hors du commun. On ne peut se permettre d'accepter le moindre défaut chez un étalon, sachant que c'est lui le fer de lance d'un élevage et le père de tous vos poulains. Si lui même n'a pas zero defaut, il ne risque pas d'être améliorateur. Par ailleurs nous ne sortons pas nos Appaloosa en concours de race pour plusieurs raisons.
-L' obligation par le club d'être membre pour concourir (ce que j'estiùe être du racket, surtout quand je vois le club de Paint qui laisse libre choix aux gens en instaurant deux tarifs)
-Nous travaillons sur des lignées anciennes et la mode aime des modèles modernes avec une morphologie Quarter.
-Nous privilégions le côté équitation classique et loisirs et préférons donc sortir nos chevaux en concours de ce type.
Notre étalon Paint fût acheté au sevrage sur son pedigree et sur sa couleur. Nous avons estimé son potentiel génétique et l'avenir proche (lors de la naissance de ses premiers poulains) nous dira si nous avons eu le flair. Côté palmarès, l'avantage de l'avoir eu au sevrage à été la possibilité de le préparer de A à Z. Et donc de lui faire son propre palmarès, pour sa première année de show, il ne nous à pas déçu, vice champion de France "longe line", vice champion de France "halter amateur", selectionné pour les championnats de France AFEW en showmanship, gagnant en showmanship AFEW, gagnant en showmanship all breed. C'est à notre connaissance le seul yearling à avoir des titres dans autant de catégories.

Vous vous êtes specialisé dans l'Appaloosa "fondation", quels sont en quelques mots ses differences par rapport au modèle "Quartérisé" que l'on connait maintenant?
Aujourd'hui, coexistent deux types d'Appaloosa bien distincts:
-L'Appaloosa moderne possède à l'image du quarter horse avec lequel il a été croisé, une ossature plus légère, une arrière main puissante, une encolure longue, des crins fournis et une petite tête. Il est particulièrement apprécié en show et compétition western. Plus élégant et rapide que l'Appaloosa fondation, il a perdu en rusticité et en endurance et est souvent moins coloré que l'Appaloosa originel.
-L'Appaloosa fondation possède une morphologie avec de l'os, une encolure moyenne, des pieds solides, des crins souvent peu fournis et une couleur en général spectaculaire. Avec sa stabilité mentale, sa rusticité et son endurance, il est particulièrement adapté à l'équitation extérieure. Il a hérité des qualités originelles de l'Appaloosa Nez-Percé.

Vous produisez des chevaux très polyvalents, pensez vous qu'un bon cheval est un cheval qui sait tous faire?
La clientèle actuelle recherche un cheval rustique, porteur, joli à l'oeil et avec lequel elle pourra toucher toutes les disciplines. Les gens veulent goûter à tous, pouvoir tout faire, passer d'un cour western à une edurance, faire une ballade ou un rallye, sauter quelques barres... Se faire vraiment plaisir. Faut il pour celà avoir un cheval pour chaque discipline? Pour moi un bon cheval doit être capable de satisfaire son cavalier tout en se faisant plaisir lui même. Il faut un cheval courageux, gentil et passe partout.

Pensez vous que l'on puisse retrouver le véritable Appaloosa "fondation", certains croient que c'est maintenant impossible. Des éleveurs Indiens essaient actuellement des croisements avec des Akhals-Téké, qu'en pensez vous?
J'ai réussi à retrouver dans les archives de la grande bibliothèque nationale, une photo de Chef Joseph à cheval sur un ancêtre de notre étalon Appaloosa. Le modèle est en tout point identique à ce que je produis à l'heure actuelle. D'abord je ne comprenais pas pourquoi les Amérindiens avaient recréer une nouvelle race en croisant avec de l'Akhal-téké, car ça donne des modèles et un mental très loin de l'Appaloosa originel, mais en discutant avec plusieurs Amérindiens il en est ressorti que ces derniers ont vraiment vouluent se demarquer de "l'homme blanc" en produisant une race dans laquelle on retrouve les traces de leurs racines mais avec une touche personnelle. Cette race porte d'ailleurs leur nom, ils ne cherchent pas à recréer le cheval de leurs ancêtres mais bel et bien leur propre race.

Quelle est la méthode d'éducation et de débourrage que vous pratiquez sur vos chevaux? Que pensez vous de l'éthologie?
J'assiste à toutes mes naissances, le poulain est en contact avec nous en même temps qu'avec sa mère. Nous n'interferons pas dans la relation mère/poulain car celà risquerai d'être perturbant. Je ne peux pas dire si ma méthode d'éducation est éthologique car ce mot prend de plus en plus de sens divers et variés , c'est une méthode mise au point et paufinée au fur et à mesure de mon expérience? Il faut comparer le poulain à un enfant, et suivre la logique d'éducation infantile. On ne demandera jamais à un enfant de se concentrer des heures durant ou d'assimiler les choses du premier coup. Il faut de la patience, de la logique, des temps d'apprentissage très courts et variés. On ne demandera jamais à un enfant d'être bachelier sans avoir eu un cursus scolaire adéquat. C'est pareil pour le poulain, il faut lui inculquer les règles de base avant le débourrage, tout est une question de logique, certains apprennent plus vite que d'autres, certains sont timides, d'autres téméraires. C'est à nous de nous adapter et non l'inverse car le but du jeu n'est pas de casser la personnalité du poulain. Un poulain qui part de chez nous à 6 mois accepte le licol, marche en longe (pas, arrêt trot) reste à l'attache, donne ses 4 pieds, se laisse brosser et toucher de partout. Tout ceci sans la moindre crainte de sa part car il n'aurat jamais appris ces choses sous la contrainte, il ne faut pas en demander plus à un poulain de 6 mois. Un enfant de maternelle ne peut pas avoir le le programme d'un enfant de primaire, ce qui est important et je dirais même primordiale, c'est de permettre au poulain d'avoir une vie sociale? Il est important de préciser que par respect pour nos mamans et leurs bébés, nous ne sevrons jamais un poulain avant ses 5 mois révolus, voire même 6 pour certains. Un bébé à besoin de sa mère non seulement pour le nourir , mais également pour lui inculquer le comportement de base à avoir au sein du troupeau et vis à vis de l'homme. Une maman apprend à son petit à bien s'alimenter, en lui indiquant les herbes qui sont comestibles, elle lui apprend le respect des clôtures. Tout ceux qui ont eu un poulain pourront le dire, bébé copie Maman et ce mimetisme est capital pour lui. Une maman c'est un repère, une boussole, voire même un gouvernail. Un poulain sevré trop tôt, c'est un cheval stréssé et qui n'a pas appris les bases fondamentales de la vie en communauté. Sevrer un poulain à 3 ou 4 mois c'est souvent néfaste pour son avenir, les poulains mâles destinés à devenir reproducteur sont élevés durant les premiers mois de leurs vies avec nos poulinières. Ceci à plusieurs avantages, les poulains ainsi habitués à la présence des juments les respecterons bien mieux lorsqu'ils seront plus tard en situation de saillie, les futurs étalons apprennent le respect de la hiérarchie et enfin les jeunes bénéficient du savoir et de la sagesse des anciens du cheptel.

Pensez vous que le succès des races de chevaux US en France soit discossiable de la pratique de l'équitation western? Commencez vous à voir des amateurs d'équitation classique devenir propriétaires de ces chevaux pour pratiquer leurs disciplines?
J'ai de plus en plus de demandes de cavaliers classiques. Des produits de TOBYS WAKAN TANKA sont primés en endurance, en dressage, en trec, en CSO, sont labellisés loisirs.... Une pouliche de l'année dernière est en club classique. Ce ne sont pas les cavaliers le problème, ce sont souvent les juges qui ont encore trop d'idées toutes faites sur les races américaines.
Je me souviens pour la labélisation loisir de ma jeune paint, en modèle et allures, les juges l'ont trouvée magnifique, elle est isabelle solide et d'un très joli modèle. Le paint étant OI en France, ils n'avaient aucune idée de ses origines. Alors quand ils m'ont demandés ses souches et qu'ils ont appris qu'elle était de race américaine, ils ont rayé la mention élite pour ne lui mettre que la mention sélection.
Ce sont tout en tas de petites anecdotes comme celles-ci qui laissent penser qu'il y a une trop grande réticence des juges à voir des Américains pour les concours français.

Les stud-books n'ont-ils pas un rôle un peu ambigüe entre la mission de protéger les caractéristiques d'une race et prendre des décisions visant à améliorer le succés commercial de ces races? N'est-ce pas ce qui s'est passé avec l'Appaloosa?
C'est ce qui se passe encore. L'Appaloosa fut croisé à outrance avec le quarter horse, la mode était au modèle typé QH avec des tâches (quand la chance veux que le poulain naisse coloré). Alors le club essaie de revenir en arrière, mais le mal est fait. Et là, ils sont en train de refaire la même erreur en croisant avec de l'arabe ou du pur-sang. On perd, le mental, le modèle et la rusticité. Bref tout ce qui fait un Appaloosa.

Votre élevage est récent, avez-vous éprouvé des difficultés particulières dues au fait que vous aviez choisi d'élever des chevaux US? Auriez-vous des conseils à donner à ceux qui souhaiteraient suivre votre exemple?
Bizzarement, les problèmes que j'ai rencontré venaient des autres éleveurs. Non seulement, j'arrivais sur le marché, faisant différemment d'eux (Appaloosa pur, sans croisement, et axé sur l'équitation classique) mais en plus, je vendais mes produits dès leur naissance et à des prix souvent plus élevés que la plupart.
D'abord houspillé, montré du doigt et regardé de travers, maintenant je travaille en collaboration avec d'autres éleveurs, mais je ressens maintenant comme un revirement du coté de certains. Ceux qui critiquaient l'équitation classique, en font maintenant un atout publicitaire et ceux qui critiquaient les fondateurs de la race, s'en servent maintenant de support.
Le conseil que je pourrais donner aux gens qui veulent se lancer, c'est de faire ce qu'ils aiment, sans se soucier des idées toutes faites et des "On dit".

Quel est votre regard sur le monde western Français?
C'est un milieu encore très fermé mais les esprits s'ouvrent et les gens commencent à voir le western comme une éventualité pour eux et leur monture. Il y a quelques années de cela, ces mêmes personnes regardaient le western comme un rêve inaccessible.

Y aurait-il , à votre avis, des choses à modifier ou des initiatives à encourager?
Il faudrait démocratiser le western, mais surtout et avant tout encourager toutes les manifestations et tous les concours organisés.
Je fais partie d'une petite association loi 1901 qui à pour but de valoriser les races Américaines dans toutes les disciplines, c'est ce genre d'initiative que j'encourage.

Vous privilégiez dans votre élevage la qualité à la quantité, quels sont vos objectifs pour l'avenir de votre élevage et quel est votre regard sur l'élevage des races US en général?
Je privilégie, et de loin, la qualité. Je ne suis pas pour l'élevage "batterie", car on ne peut s'occuper à l'identique de 2 poulains comme de 10. Chaque poulain est différent et mérite une attention toute particulière.
Notre but à moyen terme, c'est de produire 3 Appaloosas et 3 Paints par an.
Quant à l'élevage des races US en France, je pense que ces chevaux sont victimes de leur succés et certains voyant là un potentiel pécunier non négligeable, se mettent à produire du cheval, certes à papier mais sans aucune selection génétique. C'est très facile de croiser deux reproducteurs à papier et de faire naitre un poulain à papier. Mais si une sélection rigoureuse n'est pas faite à la base, il n'en ressort pas que du bon. Il n'y a qu'en mathématiques que - par - donne du +.
Faire de la qualité et rester dans son objectif sans suivre les effets de modes (plus ou moins vendeurs), là est toute la différence.

Nous tenons à remercier Virginie SUZANNE d'avoir répondu à nos questions, Vous pouvez en savoir plus sur MVS indian's horses en visitant leur site à l'adresse suivante: www.mvsindianshorses.com


 

  
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