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LES ARCHIVES INTERVIEW

Cavalière depuis l’age de 3 ans, Mimi SIDWELL, d’origine Suédoise rêvait depuis toujours de chevaucher dans les grands espaces de l’ouest Américain. En 1988 elle quitte la vieille Europe pour les Etats-Unis. Après avoir appris le dur métier de cow-boy, elle achète son 1er ranch en 1996. C’est au Nouveau Mexique sur leur ranch acquis en juin dernier que Mimi et son mari Tom acceuillent des visiteurs afin de leur faire partager leur vie de rancher au quotidien.

Vous montez à cheval depuis très longtemps, comment avez vous découvert l’équitation western?
Je monte à cheval depuis l’age de 3 ans, et le cheval et une part de moi ! Déjà petite, je m’imaginais à cheval sur la prairie Western, sans frontières ! Je voulais déménager aux Etats-Unis et devenir cow-boy, et cela n’a jamais changé même en grandissant. L’équitation western est plus relax et « laisse-faire » que l’équitation classique Européenne ou le dressage. Les deux ont leur place, mais pour le travail d’un ranch, c’est le style western qui règne, parce que plus adaptée au travail du bétail.

Qu’est ce qui vous a séduit dans cette forme d’équitation ?
C’était tout d’abord le travail de cow-boy qui me fascinait, puis la forme d’équitation a suivie. J’ai toujours aimé travailler au dehors et avec les animaux, et le travail du cow-boy est exactement cela.

Vous qui pratiquez une équitation de travail au quotidien, quel est votre regard sur l’équitation western de loisir et de compétition ?
Les chevaux de compétition sont souvent spécialisés dans une seule discipline. Au contraire un cheval de ranch doit savoir tout faire, le « cutting », le « roping », et doit avoir un sens du bétail très développé.

Vous accueillez des visiteurs sur votre ranch, quels sont leurs sentiments et impressions à la fin de leur séjour?
Il nous semble que la plupart de gens soient tristes de partir, et parfois même nous voyons une larme… Nous avons beaucoup de visiteurs qui reviennent régulièrement et sont devenus des amis, cela fait très plaisir. Nous faisons tout pour que les gens soient contents.

Vous avez réalisé ce que beaucoup d’amateurs d’équitation western européens rêvent d’accomplir. Avez-vous rencontré des obstacles particuliers en tant qu’Européenne ? Comment avez-vous été accueillie ?
J’ai toujours été très, très bien accueillie ici aux Etats-Unis. La plupart de gens trouvent cela extra, le fait que j’arrive seule de d’Europe pour vivre mon rêve d’enfance. Les Américains sont des gens très accueillants.

 

Pouvez vous nous parler de votre ranch ?
Notre ranch de 7,000 acres (environs 2.800 hectares) se situe au nord-est du Nouveau Mexique, prés de la frontière du Texas. Nous avons un bunk-house où nos visiteurs sont logés durant leur séjour. Nous ne prenons pas plus de 4 visiteurs à la fois qui doivent savoir un peu monter a cheval. On monte le matin, parfois pour déplacer le bétail vers de nouveaux pâturage. Les après midis nous faisons d’autres travaux sur le ranch, où les visiteurs sont les bienvenus pour nous aider.

Le métier de cow-boy est un métier d’hommes, vous participez néanmoins très activement aux travaux du ranch. Comment se passe la cohabitation avec les cow-boys, Sont ils machos ?
Non, les cow-boys ne sont pas du tout machos ! Au contraire, ils me traitent comme un des leurs, et nous faisons tous le même travail ensemble. Souvent quand nous aidons les voisins, je suis la seule femme. C’est un métier d’homme, mais il y a aussi plein de femmes cow-boy, qui font ce travail tous les jours ou qui ont leur propre ranch et y travaillent toute seule. Je travaillais seule sur mon premier ranch, qui était de 14,000 acres (5.200 hectares) pendant un an jusqu'à ce que Tom vienne me rejoindre et que nous nous marions. C’est une vie et un travail qui commence la nuit et finit la nuit (from dark until dark !) et il faut aussi aimer travailler seul et savoir comment trouver des solutions aux problèmes quotidiens. Comme nos chevaux, il faut savoir faire un peu de tout

La vie de cow-boy a souvent été romancé et idéalisée. Qu’en est il de la réalité, c’est un métier très dur ?
C’est effectivement un métier très dur, particulièrement par exemple quand il y a des tempêtes de neige. La plupart de gens restent alors à la maison mais le/la cow-boy doit sortir pour mettre du foins sur le truck et aller trouver le bétail sur les pâturage afin de les nourrir puis visiter tous les points d’eaux pour briser la glace. Il peut aussi y avoir une vache qui a besoin d’aide pour mettre bas au beau milieu de la nuit. Ces moments ne sont effectivement pas très romantiques ! Mais il y a d’autre temps qui le sont comme quand par exemple on enmènent plusieurs centaine de bêtes en traversant des paysages spectaculaires. Par ailleurs, la méthode de travail du cow-boy n’a pas beaucoup changée, et la plupart des tâches se font à cheval.

Connaissez vous d’autres Européens qui vivent la même aventure que vous ?
Non, je n’en ai pas encore rencontré, mais je pense bien qu’il y en a !

Quel est votre regard sur l’équitation western telle qu’elle se pratique en Europe ? Avez-vous un avis sur le succès de plus en plus grandissant de l’équitation western en Europe ?
Je trouve fantastique que l’équitation western soit devenue aussi populaire en Europe, et je pense que les deux disciplines, classique et Western peuvent apprendre des chose l’une de l’autre. J’aurais été tellement contente s’il y en avait eu de l’équitation western en Europe quant j’y vivais.

 

Comment s’organise une journée de travail sur un ranch tel que le vôtre ?
L’hiver quand nous n’avons pas de visiteurs, nous réparons les clôtures, ainsi que les puits d’eaux. Il faut savoir faire tout soi même sur un ranch ! En été, nous déplaçons régulièrement le bétail (environ 450 têtes) vers de nouvelles pâtures, nous devons aussi surveiller les bêtes afin de trouver celles qui ont besoin de soins vétérinaires ou autres. Nous vérifions l’état des clôtures et les points d’eaux. Les après midis nous réparons ou construisons de nouvelles clôtures, distribuons du sel et des minéraux aux bêtes, ou autre choses. On ne sait jamais d’un jour a l’autre ce qu’on va avoir a faire !

Elevez vous vos chevaux sur le ranch ou achetez vous des chevaux déjà dressés ?
Nous achetons nos chevaux déjà dressés. Nous n’avons malheureusement pas le temps qu’il faut pour les entraîner nous même. J’aimerai bien, peut être un de ces jours…

Parlez nous de vos chevaux ? Quel est le prix d’un bon cheval de ranch au Nouveau Mexique ?
Nos chevaux sont tous des chevaux de travail de working ranch et non pas des « dudes horses ». Ils sont très gentils et savent tous comment travailler avec le bétail. Ici au Nouveau Mexique il faut payer entre 3,000 et 4,000 $US pour un bon cheval de travail. Un cheval de compétition beaucoup plus !

Que recherchent les gens qui viennent séjourner dans votre ranch, l’authenticité ?
Le gens qui viennent au ranch nous ont tous dit qu’ils recherchaient avant tout un « vrai » ranch, qui ne prend pas trop de gens, le fait que nous n’acceptons que 4 personnes à la fois leur plait beaucoup. Ils font durant leur séjour partie de notre famille. Ils ne veulent pas de « dude ranch » avec 50 autres visiteurs et des activités « artificielles ». Ils recherchent « the real thing ».

Le cow-boy est un véritable icône de la culture Américaine, Quel est le regard des Américains non cavaliers sur ces cow-boys et ranchers ?
Je crois qu’il y en a qui pensent que les véritables cow-boy n’existent plus, mais la plupart sont toujours fascinés par ce personnage. Le fait aussi que les cow-boys mènent une vie vraie, honnête, et indépendante accentue le mythe.

 

Tom, votre mari est un véritable cow-boy. Que pense t-il du succès du mode de vie western, y compris aux USA (magazines, mode, opération immobilières…)
Il trouve cela fascinant, le fait que des gens viennent ici pour vivre quelques jours cette vie de cow-boy qu’il a lui toujours connue.

Nous tenons à remercier Mimi Sidwell d'avoir répondu à nos questions, Vous pouvez en savoir plus sur son ranch et les activités qu'elle et son mari proposent en visitant leur site à l'adresse suivante: www.jxranch.com

 


 

  
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