
Soizic et Henri CHAMPAGNE
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Passionnée
depuis toujours et cavalière depuis
l'âge de 10, Soizic comme beaucoup d'autres, évolue
d'abord en classique et obtient son éperon
d'argent en 1988. Attirée par l'élevage,
c'est en 1991 qu'elle fait naître son
premier poulain et plus tard, obtient son brevet
de technicien agricole option élevage équin.
Puis
elle découvre le Quarter horse, fascinée
par les petits chevaux Américains,
elle en devient éleveur amateur en
1996. Elle obtient quelques résultats
honorables en halter puis décide,
après un passage au secrétatriat
de l'AFQH de faire de cette passion son métier à plein
temps.
C'est
secondée par son mari Henri qu'ils
décident ensemble de se se lancer
dans la grande aventure et de créer
l'élevage de l'Accalmie.
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A
quelle occasion avez vous découvert l’équitation
western?
A
l'occasion d'un concours AQHA au Touquet en 1991.
Qu’est
ce qui vous a séduite dans cette équitation?
J'ai été sidérée
par le mental des Quarter-Horses. Moi qui venais du monde
du classique où les chevaux qui décollent
en même temps que les mouches sont légion,
pouvoir observer des chevaux qui restent calmes dans
un manège avec des spectateurs qui hurlent, sifflent,
tapent de pieds… C'était vraiment très
impressionnant. Dans un premier temps ce sont surtout
les chevaux qui m'ont séduite.
Que
pensez vous de la qualité de l’élevage
Français et de la qualité des chevaux
de race Américaine que l’on trouve
aujourd’hui en France?
Bien
que certains éleveurs soient très sérieux,
nous sommes encore loin de la qualité de nos voisins
européens. Et ne parlons pas des chevaux que l'on
peut trouver outre-atlantique. Nous avons encore beaucoup
de travail.
Les prairies de l'Accalmie
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Les installations
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Quel
est votre regard et votre avis sur l’équitation
western telle qu’elle se pratique aujourd’hui
en France ?
Il
faut fédérer tous les types de cavaliers
autour de l'équitation western. Aujourd'hui la
plupart des professionnels ne sont intéressés
que par les cavaliers de compétition. Certes c'est
vital et surtout passionnant. Mais les cavaliers de loisirs
sont peut-être nos futurs compétiteurs.
Il ne faut pas les négliger.
A
votre avis, y aurait il des choses à améliorer,
si oui lesquelles?
Les
partenariats entre professionnels. Il faut accepter la
concurrence pour pouvoir progresser et donner envie.
Plus nous serons nombreux à promouvoir ce type
d'équitation et ces chevaux, plus les gens s'y
intéresseront.
A
votre avis de quoi manquent le plus les élevages
et l’équitation western en France
: des chevaux, des entraîneurs, plus de centres équestres,
des investisseurs, plus de solidarité…
Pour
ce qui est des élevages, plus de rigueur et de
sérieux. Un cheval ne s'élève pas
de l'air du temps. Il faut travailler à améliorer
en permanence son cheptel. Il faut choisir les bons reproducteurs
avec soin, les entretenir et les éduquer correctement.
Croire qu'il suffit d'acheter une jument avec des papiers,
de la faire saillir et de nourrir le poulain avec de
l'herbe et du foin est totalement utopique. Les anciennes
coutumes ont fait leur temps. De même il parait
aberrant de choisir l'étalon en fonction de sa
proximité et non en fonction de la jument qu'il
doit saillir… Nous avons de gros progrès à faire
dans ce domaine.
Pour ce qui est de l'équitation western, il est clair que la solidarité donnera
un grand coup de pouce à son développement. Les autres
pays européens pratiquant l'équitation western l'ont déjà compris.
La France y viendra.

Miss Dynamic Go Te dite Erin
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Deluxe Go Slow
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Quelles
sont pour vous les qualités que vous privilégiez
chez un cheval ?
Pensez-vous qu’un bon cheval soit un cheval qui sache tout faire
ou bien qui soit spécialisé dans une discipline bien précise
?
Tout
est important. Un bon cheval est un cheval droit et bien
construit, harmonieux, avec un excellent mental, bien éduqué,
proche de l'homme, facile à utiliser, également
avec d'excellentes lignées et un bon potentiel
sous la selle en fonction de sa destination. Si en plus
il a une jolie tête et une robe qui plait, c'est
une perle rare. Un bon cheval est un cheval qui convient à son
propriétaire.
Ensuite, en fonction de son utilisation, je privilégierai un cheval
polyvalent pour un cavalier amateur qui souhaite sortir en extérieur
et s'essayer à la compétition dans plusieurs disciplines.
A un autre niveau, en compétition internationale, un cheval très
spécialisé a plus de chance de remporter sa classe qu'un
cheval all around.
Tout n'est pas tout noir ou tout blanc. Il faut savoir mettre en adéquation
chaque cavalier avec le cheval qui lui conviendra le mieux en fonction
de ses objectifs. Un mauvais cheval pour l'un peut s'avérer un
excellent cheval pour un autre cavalier, si tant est bien sûr qu'il
est physiquement apte à l'utilisation attendue.
Pourquoi
avoir choisi le Quarter Horse, plus que l’Appaloosa
ou le Paint?
Je
préfère les robes unies. D'autre part,
le mental et la construction des Appaloosas m'attirent
moins que celles des Quarters et des Paints.
Avez-vous
une méthode particulière de débourrage
et d’éducation ?
Le
bon sens. Un cheval n'est pas un jouet, ni un animal
de compagnie. Nous manipulons les poulains dès
leur plus jeune âge tout en gardant nos distances.
Nous ne sommes pas leurs copains.

Beyond Description
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Consider Me Passing (1 mois)
et Morgane (11 ans)
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Que
pensez-vous de l’éthologie ?
L'éthologie
au sens où on l'entend actuellement a toujours été pratiquée
par les hommes de chevaux en équitation western.
Les éthologues n'ont rien inventé, ils
ont simplement popularisé les méthodes
utilisées de longue date en équitation
western.
Vous
qui avez longtemps pratiqué l'équitation
classique, à votre avis qu'est ce qui
fait que l'équitation western rencontre
un tel succès? La multitude de ses disciplines,
elle réveille le cowboy qui est en chacun
de nous, les chevaux utilisés?
C'est
un ensemble de choses. Je ne dirai pas que c'est la multitude
des disciplines qui lui permet d'être aussi populaire.
En France, actuellement, seule deux ou trois disciplines
(telles que le reining ou le barrel racing) sont connues
du grand public. Je pense qu'elle doit plus son succès à nos
chevaux, qui commencent à intéresser tous
les cavaliers d'extérieurs, quel que soit leur
type d'équitation, et, vous avez raison, au mythe
américain. Regardez l'engouement actuel pour les
festivals country, la culture indienne, les voitures
américaines… C'est un tout. Ca fait rêver.
Ca parle de grands espaces.
D'après
votre expérience personnelle, la mentalité et
les objectifs des cavaliers qui pratiquent l'équitation
western sont-ils différents de ceux qui
pratiquent l'équitation classique?
Non.
Dans chaque catégories, il y a des gens qui respectent
leurs chevaux et des brutes, des gens qui souhaitent
se faire plaisir en extérieur et des gens qui
aiment travailler leurs chevaux, des gens qui pratiquent
l'équitation de manière individuelle et
des gens qui sortent en concours… Seule la philosophie
et la manière d'appréhender le cheval sont
différentes ; pas les cavaliers.

Like A Sunlight et sa pouliche
2005
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Miss Conclusiv Money et Conclusive
Lil Flirt
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Pensez
vous que le succès des races de chevaux
US en France soit dissociable de la pratique de
l'équitation western? Commencez vous à voir
des amateurs d'équitation classique devenir
propriétaires de ces chevaux pour pratiquer
leurs disciplines?
Personnellement,
j'ai vu beaucoup de cavaliers investir sur un Quarter
pour pratiquer l'équitation classique en extérieur,
bien qu'ils se mettent parfois à l'équitation
western par la suite, mais très rarement des cavaliers
de concours ou d'endurance, voire d'équitation
ibérique choisir de pratiquer leur discipline
avec un cheval américain.
Votre élevage
est récent, avez-vous éprouvé des
difficultés particulières dues au
fait que vous aviez choisi d'élever des
chevaux Américains? Auriez-vous des conseils à donner à ceux
qui souhaiteraient se lancer dans l’élevage?
Qu'entendez-vous
par récent ? Si j'ai fait de ma passion un métier à temps
plein depuis seulement un an et demi, mon expérience
d'éleveur remonte à bien plus longtemps.
Mon premier poulain est né en 1991 et mon premier
Quarter en 1996. Les difficultés que j'ai rencontrées
ne sont en aucun cas liées à la race que
j'ai choisi d'élever.
Un conseil ? Ne vous lancez pas dans l'élevage sans être
profondément passionné, réellement motivé et
sans une solide connaissance des chevaux en général et
de la race en particulier. C'est un monde hostile et beaucoup abandonnent
dès la première année.
Les
prix des chevaux de race US restent élevés
d’après certains, en tant qu’éleveur
quel est votre avis?
Un
bon cheval de loisirs n'est pas un réformé des
courses ou d'obstacle. C'est un cheval qui a été sélectionné,
préparé et entretenu dans ce but. Pourquoi
dans ce cas le payer moins cher qu'un bon cheval sélectionné pour
l'obstacle ou les courses. Pensez-vous que les cavaliers
amateurs de concours hippiques accepteraient d'acheter
un réformé de l'équitation de loisirs
parce que son mental ne correspondait pas à son
utilisation première ? Serait-il pour autant un
bon cheval sur les barres ? Assurément non. Un
bon cheval a donc forcément coûté beaucoup
de temps et d'argent à son éleveur, quelle
que soit sa race ou sa discipline. Cela se retrouve forcément
dans le prix de vente.
Maintenant libre à ceux qui trouvent les Quarters trop chers d'acheter
un réformé des courses pour aller se promener (tranquillement
?) en forêt.
Qu’est
ce que les acheteurs qui viennent vous voir recherchent
le plus ?
Nous
sommes dans une région où l'équitation
western de compétition est encore mal connue.
Nos clients viennent surtout pour acheter des chevaux
d'extérieur, avec un mental sûr et vraiment
stable, et faire débourrer ou rééduquer
leurs chevaux.
Vous
avez je crois participé à l’organisation
de manifestations western, notamment un concours à Clermont-Ferrand.
Il semble difficile en France de faire venir
spectateurs et participants sur les concours.
Qu’en pensez vous?
Le
contexte économique actuel rend difficile la participation
aux concours qui sont souvent très éloignés
du domicile de chacun et les primes sont souvent dérisoires.
Mais c'est un cercle vicieux. Si plus de monde se déplaçait
les organisateurs pourraient reverser plus de primes
et l'enjeu serait plus intéressant, ce qui attirerait
immanquablement plus de participants…
Quelle
est la discipline qui vous intéresse plus
particulièrement parmi les nombreuses
que compte l’équitation western?
Et pourquoi ?
Le
western Pleasure par goût personnel, Le Halter
car j'y ai eu quelques résultats honorables et
le reining et le Barrel racing car ces deux disciplines
sont aujourd'hui incontournables.
Une
belle classe de pleasure est vraiment spectaculaire à voir.
Et cela demande énormément de travail.
C'est dommage que cette discipline soit aussi peu médiatisée.
Pourquoi
avez vous baptisé votre élevage "L'Accalmie"?
C'est l'idée que
nous voulions faire passer à nos clients. Ils
viennent faire une pause à la maison, se ressourcer,
se relaxer. C'est un véritable "break",
au sens propre de coupure, par rapport à la précipitation
de leur vie quotidienne. La notion de bien être
liée à ce terme et aux Quarter-Horses nous
paraissait évidente. Nous avons cherché à la
mettre en avant en la nommant. De plus nous aimons la
sonorité de ce mot.
Quels
sont vos objectifs pour l’Accalmie?
Continuer à fournir
de beaux et bons chevaux, prendre une dimension
plus importante sur l'importation de bons chevaux
de compétition, faire découvrir
les shows à notre clientèle de
loisirs, faire naître de beaux et bons
poulains, briller sur les shows avec Whisper,
former une équipe de youth… et surtout être
encore là dans 20 ans avec une clientèle
aussi sympathique que celle qui nous entoure
aujourd'hui.
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Nous
tenons à remercier Soizic CHAMPAGNE
d'avoir répondue à nos questions.
Si vous souhaitez en savoir plus sur l'élevage de l'Accalmie,
vous pouvez consulter leur site à l'adresse suivante:
www.laccalmie.com
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