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photo:www.geraldbuthaud.fr
Fasciné depuis toujours par les grands espaces de l’ouest Américain, passionné de chevaux et inspiré par leur photogénie, le reporter-photographe Français Gérald BUTHAUD a choisi de consacrer une partie de son travail à la plus belle conquête de l’homme. Des déserts de Mongolie aux plaines du Montana, des gardians Camarguais aux bédouins du Maroc en passant par Puech Maynade, Gérald BUTHAUD nous fait découvrir différentes cultures équestres.
Un travail qui a été récompensé par le grand prix du stylo d’or au Salon du cheval de Paris 2004 pour son ouvrage « Des chevaux et des hommes, histoires de passion ».

« Mon métier est la photographie, le cheval ma passion »
 

Gérald BUTHAUD

A quelle occasion avez vous découvert l’équitation western?
En 1965 j'ai réalisé un tour des États-Unis en auto-stop pendant six semaines et je me suis attardé dans le Wyoming et principalement prés d'une toute petite ville (A l'époque, car elle a bien grandie!!) " Desbois". J'ai passé alors quelques jours avec des gardiens (D'origine basque) de troupeau de moutons qui se déplaçaient à cheval comme ceux que l'on voit dans les westerns, winchester incluse mais pas de revolvers!!!!. Ils avaient également des "wagons" pour le transport des vivres et du couchage. Ma découverte (J'ai quand même toujours été et le suis toujours, un amoureux inconditionnel des grands films westerns) de l'équitation western date de cette époque.

Les chevaux ont souvent inspiré les artistes, qu’est ce qui vous attire particulièrement chez ces animaux ?
Leur beauté, leur prestance, leur fougue, leur côté parfois indomptable, leur photogénie.

Vous avez beaucoup voyagé afin de rencontrer différentes cultures équestres, quel est votre meilleur souvenir de reportage ?
Sans doute un reportage de trois semaines dans les montagnes de l'Altaï en Mongolie. En début d'après midi un jour, nous avons traversé un large torrent aux eaux assez tumultueuses. Nous étions à plus de 4000 mètres d'altitude. Le torrent n'était pas très profond (80cm à un mètre) mais le courant était assez fort et nous ne pouvions pas voir le fond . Il y avait de très nombreux rochers et à un moment donné, le cheval de mon guide s'est coincé l'antérieur gauche entre deux gros cailloux. Après d'une heure d'effort sans succès, mon guide s'est mis à pleurer comme un enfant. La fin de son cheval lui semblait inéluctable. Il s'est mis à chanter, l'un de ces chants mongols qui sent bon les grands espaces, et l'amour que le cavalier porte à sa monture, l'un de ces chants qui dans ces moments uniques vous donne le frisson. Une heure plus tard, nous avons pu dégager son cheval et une fois sur la terre ferme, il a appliqué un cataplasme d'herbes et de graisse de yak, qu'il avait dans son sac, sur l'antérieur sanguinolent, et nous sommes repartis. Ces petits chevaux mongols sont d'une incroyable résistance. Point besoin de vétérinaire!!!!!! Ce fut un grand moment que je revis très souvent grâce à la mémoire.

photo:www.geraldbuthaud.fr

photo:www.geraldbuthaud.fr

Vous avez fait un reportage chez les cowboys du Montana, comment vous ont-ils accueilli ?
Très bien, à l'américaine "Welcome, be at home" !!!! Bienvenue, fais comme chez toi !! Ils savaient que je n'étais pas un grand cavalier (Je monte à la "cow-boy" comme le disent toujours aujourd'hui les adeptes de l'équitation classique, ce que je comprends très bien de la part de puristes) mais ils m'on fait confiance lorsque je leur ai dit que j'avais traversé le désert du Kalahari au Botswana à cheval sur 600 kms, pendant un mois et avec 500 têtes de bétail. L'un des cow-boys, Steve, m'a confié l'un de ses chevaux et tout s'est très bien passé. En réalité, sur ce cattle drive de douze jours à travers le Montana, j'ai du couvrir deux fois la distance car j'étais en permanence à un bout ou à l'autre du troupeau de 3000 têtes pour faire mes photos. Leur seule exigence a été que je porte des bottes et un stetson.

Quelles impressions ces cowboys vous ont laissés, quel souvenir particulier ou anecdote gardez vous de ce reportage ?
Des hommes vrais, purs et durs, qui ne rechignent pas au travail, qui éclatent de rire, car ils ne comprennent pas, lorsqu'on leur parle des 35h et des RTT. Dans les ranchs du Montana les cow-boys travaillent 6 jours sur 7, bien souvent 10 à 12 h par jour. En hiver, ils sortent par -20 ou -30 ° pour s'occuper du bétail.
Le souvenir que je rapporte de ce reportage, c'est d'avoir vécu avec des hommes amoureux des grands espaces, de la nature, des hommes à cent lieues de la politique de Washington.
Un autre bon souvenir est de nature beaucoup plus matérialiste: Avant le départ pour le cattle drive, des cow-boys avaient enterré, sur un lit d'un mètre d'épaisseur de bonnes braises, un bœuf entier. Lorsque nous sommes revenus 12 jours plus tard, le bœuf a été déterré et nous avons tous dégusté la viande cuite à point à l'étouffée!!

Quel est la culture équestre qui vous à le plus impressionné ?
C'est je pense en Mongolie que j'ai trouvé la plus grande osmose entre l'homme et le cheval. Pour un mongol, le cheval fait partie de la famille et à six mois le bébé mongol est sur un cheval coincé entre les cuisses de son père et part une journée pour garder les troupeaux de moutons, chèvres ou yaks. Pour un mongol, il est impensable de faire 30 mètres à pied. Sorti de sa yourte, il monte à cheval et n'en descend quasiment que pour ré-entrer dans sa yourte pour manger ou dormir. Marcher à pied est vraiment quelque chose d'incongru et d'incompréhensible pour un mongol.

photo:www.geraldbuthaud.com

photo:www.geraldbuthaud.fr

 

Vous avez photographié les gardians de Camargue, les cowboys du Montana et les cavaliers de Puech Maynade, chez pierre Maupas. Le travail du bétail est leur dénominateur commun ont-ils à votre avis d’autres points communs, hormis leur passion des chevaux et de la terre sur laquelle ils travaillent ?
Je pense que ce sont tous des gens purs, amoureux de leur bétail, de leurs chevaux, de leur terre, des grands espaces et aussi de leurs familles. Des paysans au plus beau sens du terme, solides au travail, cultivant l'hospitalité simple et directe et c'est ce que j'apprécie au plus au point. Pas de chi-chi!!!!!

A votre avis, qu’est ce qui explique le succès grandissant de l’équitation western en France ? Peut être réveille elle le cowboy qui est en chacun de nous ?
Quel gamin (et j'ai été l'un de ceux là) n'a pas rêvé un jour de grandes chevauchées, stetson sur la tête et colt au côté. Lorsque j'avais 8,10 ans en Tunisie où je suis né, je me promenais souvent habillé en cow-boy avec un colt à amorces et je courais dans les dunes à la poursuite des indiens et je m'amuse toujours en regardant les vieilles photos en noir et blanc de l'époque où j'étais jeune!!! Pour beaucoup de cavaliers qui pratiquent l'équitation western aujourd'hui, c'est une façon de mettre en pratique leurs rêves d'enfance. Mais, et c'est là ou le bas blesse, il y a ceux qui pratiquent l'équitation western dans la plus pure tradition cow-boy, c'est à dire une équitation de travail (comme à Puech Maynade et dans d'autres endroits heureusement) et ceux qui la pratique pour le folklore et le "show off"!!!

Les cow-boys ont longtemps eu une réputation de brutes envers leurs montures, notamment à cause du cinéma. Vous qui les avez côtoyé qu’en pensez vous ?
Brute n'est peut-être pas le mot le mieux approprié. Je dirais une équitation rude, assez virile. C'est une équitation de travail et il est vrai que parfois les chevaux en bavent. Mais je n'ai jamais vu, bien que cela puisse bien sûr exister, de brutalité. Le cinéma est une chose, la réalité vécue en est une autre.


photo:www.geraldbuthaud.fr


photo:www.geraldbuthaud.fr

Vous êtes aussi chanteur, vous interprétez des ballades irlandaises et Américaines aux accents country. La culture Américaine et les grands espaces sont donc une grande source d’inspiration pour vous ? Quel est votre regard sur cette culture parfois controversé ?
Votre site n'est pas un lieu pour faire de la politique mais je veux simplement dire que l'Amérique de Bush et de Washington DC n'est pas "mon Amérique à moi ".
Celle que j'aime, c'est l'Amérique des grands espaces, des paysages fabuleux. C'est l'Amérique, et c'est celle que je chante dans mes deux CD
(et hop !!un peu de pub!! Voir mon site internet sur lequel on peut écouter 30 secondes de chaque chanson) des gens simples pour qui solidarité est un mot vrai. C'est l'Amérique de ceux qui en ont bavé pendant la grande crise de 1929, de ceux qui ont tout perdu pendant les grandes tempêtes de poussière (cf: les dust bowls ballads de Woodie Guthrie) celle des hobboes qui voyageaient clandestinement dans les trains de marchandises et qui au hasard de leur voyage trouvaient du travail à la journée.

Lorsque vous photographiez vos sujets, les accompagnez vous à cheval, comment cela se passe t-il ?
Il y a des fois ou je suis obligé (Avec plaisir) d'être à cheval, comme au Botswana, en Mongolie ou aux États Unis. Ce sont de longs déplacements où bien souvent les véhicules ne passent pas. Sinon j'utilise un véhicule ou je vais à pied et à cheval.

Vous venez de remporter le grand prix du stylo d’or au salon du cheval de Paris 2004 pour votre ouvrage « Des chevaux et des hommes, histoires de passion» C’est je suppose pour vous la récompense de beaucoup de travail et de passion ? Pouvez vous nous parler du contenu de ce livre ?
Je vous avoue que ce prix m'a fait très plaisir d'autant plus que la photographie équestre est une petite partie de mon travail de reporter-photographe. J'aime les chevaux et j'essaie d'avoir, avec mon appareil photo, un autre regard sur la plus belle conquête de l'homme.
Ce livre est une commande des Éditions Ouest-France et le but de cet ouvrage, tiré à 10000 exemplaires est quasiment épuisé en trois mois, était de montrer les relations homme, femme et cheval dans tous les domaines de l'équitation. J'ai travaillé pendant deux ans aux quatre coins de la France et j'ai parcouru prés de 40.000 km. J'ai rencontré des centaines de personnes passionnées qui consacrent tout leur temps et leurs argent à leur passion pour le cheval. Et j'ai aussi rencontré des personnes dont je n'ai pas envie de parler.......!!!!

photo:www.geraldbuthaud.fr

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On retrouve aussi vos reportages dans la presse spécialisée, pensez vous qu’il y est en France suffisamment de magazines traitant de l’équitation western ?
Il y a deux magazines connus, Equiwest et Western Magazine. Cheval Loisirs sort maintenant un supplément Western chaque mois. Je pense, puisse que je suis un homme de presse, qu'il n'y a jamais assez de magazines. Plus il y en a et peu importe le domaine, mieux c'est. Le succès vient pour certains et l'échec pour d'autres. C'est peut-être une réponse de diplomate mais je pense que c'est la seule réponse valable.

Trouvez vous le temps de monter à cheval ? Si oui quelle discipline pratiquez vous, parlez nous de vos chevaux ?
Non, malheureusement, je n'ai pas le temps de monter régulièrement à cheval. Quelques ballades parfois en forêt prés de chez moi mais avec des chevaux d'un centre équestre. Je n'ai pas de cheval chez moi mais je pense acheter très bientôt un Connemara, cheval irlandais dont je voulais faire l'élevage lorsque j'avais 14, 15 ans. Il sera pour ma fille, Emmeline qui a dix ans et qui pratique assidûment le pony games. Pour l'instant j'ai deux ânesses, mère et fille. La mère est noir du Berry et la fille est 50% baudet du Poitou. J'attends deux naissances pour la fin du mois d'avril.

Quels sont vos projets de reportage équestre, projetez vous de retourner prochainement aux Etats-Unis photographier d’autres cowboys?
Je n'ai pas de projet pour l'instant sur les États-Unis. Par contre, je pars pour la Grèce et plus précisément les îles de Corfou et de Skyros pour faire un reportage sur le poney de Skyros, qui grâce à la volonté d'une femme a échappé à la disparition.
D'autres projets également à l'étranger mais il est trop tôt pour en parler.


Nous tenons à remercier Gérald BUTHAUD d'avoir répondu à nos questions.
Si vous souhaitez en savoir plus sur le travail de gérald BUTHAUD et découvrir d'autres reportages photos, vous pouvez consulter son site à l'adresse suivante:

www.geraldbuthaud.fr

 

 

 

  
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